Novembre

 

Aux taillis où ronronne

Déjà le vent frileux,

Les colchiques d'automne

Ont ouvert leurs yeux bleus,

 

Ont vu de tristes choses,

Les colchiques ont vu,

Dès l'heure où tout explose,

La mort rauque à l'affût,

 

Ont vu le long des sentes,

Ont vu passer la peur

Rampante ou bondissante

Dans la lumière en fleur,

 

Le duvet de la caille

Qui neige dans les airs

Et le sang qui se caille

Sur le thym encor vert,

 

Dans la forêt où tonne

La Mort volée aux dieux,

Les colchiques d'automne

Ont refermé leurs yeux.

 

Albert PESTOUR

[Petit calendrier poétique]