Timide Octobre

 

Timide Octobre, fais-moi place!

Je veux dire le silence roux des vignobles

que les pies, même, respectent,

l'élégance des jeunes chênes

où les mésanges tiennent conseil

et la crécelle des chardons secs ivres de vent.

 

Voici que des légions de faucheux

assaillent les jardins qui brillent.

Voici que l'écureuil engrange pour l'hiver.

 

Sur le bord du chemin, les dalles déférentes

saluent l'approche de la nuit

de leurs coquilles millénaires.

 

Notre calendrier n'est qu'un mauvais repère.

S'installe la véritable saison.

 

Jean ORIZET

[Miroir oblique – 1969]