Islande, ruée vers l'or boréal

Ni la réalité d'une nuit, ni même celle de toute une vie humaine ne peut signifier notre vérité la plus intime.
Arthur SCHNITZLER

Quand vents solaires et particules de l’atmosphère se rencontrent, la nuit islandaise se meut de mille feux… La chasse aux aurores est une expérience surréaliste !
Et justement l’hiver 2004 fut exceptionnel. Une chorégraphie nocturne se joue chaque hiver aux portes du cercle polaire, dans un « finis terrae » insulaire à trois heures de Paris.
Pendant la saison froide, l’Islande offre le plus surnaturel des spectacles terrestres. Quelques heures après le coucher du soleil, par temps sec, la nuit est envahie de lueurs émeraude ou rougeoyantes, aux formes étrangement mouvantes : les aurores boréales …
Ce phénomène, considéré comme une manifestation divine pendant longtemps, est en réalité, issu de l’interaction entre les particules du vent solaire et les particules de gaz de l’atmosphère, selon des cycles de onze ans. Et justement pendant cet hiver 2004, les aurores boréales ont été nombreuses et intenses.
Éloignons-nous des lumières de la capitale, Reykjavik et cap au Nord-Ouest, direction la péninsule de Snaefellsnes, dominée par le célèbre volcan Snaefellsjoküll, l’un des hauts lieux mythologiques d’Islande. C’est ici que Jules Vernes situe l’entrée de son célèbre « Voyage au centre de la Terre ». La croyance tibétaine le désigne comme l’un des centres vitaux du monde.
Plus au Nord, la magie des aurores est magnifiée au-dessus du fjord Eyjafjordur. Dans la région du lac Myvatn, les collines ocre sont rehaussées de dépôts jaunes, verdâtres, roses et laiteux expulsés de la Terre. Les fumées des geysers semblent autant de signaux d’une proche apocalypse. Des chaudrons de boue gargouillent dans des vapeurs de soufre.
Autour de Namafjall, les champs de lave évoquent la Lune ou les derniers clichés reçus de la planète Mars…
L’Islande s’impose comme une alternative fantasmagorique sous son festival d’aurores boréales !
Muze15