17 avril 2012

Bacchante triste - Renée Vivien

Bacchante triste   Le jour ne perce plus de flèches arrogantes Les bois émerveillés de la beauté des nuits, Et c'est l'heure troublée où dansent les Bacchantes Parmi l'accablement des rythmes alanguis.   Leurs cheveux emmêlés pleurent le sang des vignes, Leurs pieds vifs sont légers comme l'aile des vents, Et la rose des chairs, la souplesse des lignes Ont peuplé la forêt de sourires mouvants.   La plus jeune a des chants qui rappellent le râle : Sa gorge d'amoureuse est lourde de sanglots. Elle n'est... [Lire la suite]

10 mars 2011

Dans le dortoir du pensionnat - Renée Vivien

Dans le dortoir du pensionnat   Dans le dortoir du pensionnat, La solitude ne dort jamais Et elle hante les jeunes filles en fleur Dont le corps en éveil Ondule de soif Sur le drap vide de caresses. Alors elles se lèvent Et marchent dans les troubles De leurs sensations nouvelles, Inquiètes et désireuses à la fois, La tête baissée mais les seins tendus Et elles se frôlent des pensées du corps Et elles se rejoignent Et s’effleurent Et se tendent Et tremblent Et s’oublient À combler leur solitude, À entendre le... [Lire la suite]
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02 décembre 2010

À la femme aimée - Renée Vivien

@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Comic Sans MS"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; } À la femme aimée Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume, Le ciel mêlait aux ors le cristal et l'airain. Ton corps se devinait, ondoiement incertain, Plus souple que la vague et plus frais que... [Lire la suite]
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07 juin 2009

Pénitentes espagnoles - Renée Vivien

Pénitentes espagnoles Le repentir songeur n’use plus leurs genoux. Parmi les champs malsains et les villes malades Elles dansent, ainsi que de noires Ménades. Parfois le vent du soir éteint leurs cierges roux. Elles ont coupé leurs chevelures altières ; Le cilice a mordu leurs seins endoloris Leurs psaumes, soupirés ou jetés à grands cris, S’accompagnent du son rauque des grelottières. Pourtant, il dort au fond de leurs yeux espagnols Des souvenirs qui sont comme un jardin mauresque Où le jet d’eau retrace une blanche... [Lire la suite]
27 mai 2009

Pour Une - Renée Vivien

Pour Une Quelqu’un, je crois, se souviendra dans l’avenir de nous. Mon souci. PSAPPHA. Dans l’avenir gris comme une aube incertaine, Quelqu’un, je le crois, se souviendra de nous, En voyant brûler sur l’ambre de la plaine L’automne aux yeux roux. Un être parmi les êtres de la terre, Ô ma Volupté ! se souviendra de nous, Une femme, ayant à son front le mystère Violent et doux. Elle chérira l’embrun léger qui fume Et les oliviers aussi beaux que la mer, La fleur de la neige et la fleur de l’écume, Le soir et l’hiver. ... [Lire la suite]
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28 avril 2009

Les Mangeurs d’herbe - Renée Vivien

Les Mangeurs d’herbe C’est l’heure où l’âme famélique des repus Agonise, parmi les festins corrompus. Et les Mangeurs d’herbe ont aiguisé leurs dents vertes Sur les prés d’octobre aux corolles larges ouvertes, Les prés d’un ton de bois où se rouillent les clous... Ils boivent la rosée avec de longs glous-glous. L’été brun s’abandonne en des langueurs jalouses, Et les Mangeurs d’herbe ont défleuri les pelouses. Ils mastiquent le trèfle à la saveur du miel Et les bleuets des champs plus profonds que le ciel. ... [Lire la suite]
12 octobre 2008

Soir - Renée Vivien

Soir La lumière agonise et meurt à tes genoux.Viens, ô toi dont le front impénétrable et douxPorte l'accablement des pesantes années :Douloureuse et les traits mortellement pâlis,Viens, sans autre parfum dans ta robe à longs plis,Que le souffle des fleurs depuis longtemps fanées. Viens, sans fard à ta lèvre où brûle mon désir,Sans anneaux, — le rubis, l'opale et le saphirDéshonorent tes doigts laiteux comme la lune. —Et bannis de tes yeux les reflets du miroir ...Voici l'heure très simple et très chaste du soirOù la couleur... [Lire la suite]
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