19 mars 2012

Le Génie des forêts - Joseph Lenoir [II]

Le Génie des forêts   Parce que tu mangeais des entrailles de femme, Tu t'engraissais des chairs de tes amis, Et que jamais, chez toi, n'étincelle la flamme, Qu'autour de tremblants ennemis.   Va voir, si tu peux, au seuil de nos cabanes, Les pâles et rouges débris Des chevelures et des crânes Qu'en ton sein autrefois ma hache avait surpris.   Foule de guerriers sans courage, Je le sais et tu t'en souviens, Parce que tu n'aimais qu'un indigne carnage, Mes pères ont maudit les tiens.   […]   ... [Lire la suite]

26 mars 2011

Le printemps - Auguste Angellier

Le printemps   Les bourgeons verts, les bourgeons blancs Percent déjà le bout des branches, Et, près des ruisseaux, des étangs Aux bords parsemés de pervenches, Teintent les arbustes tremblants ;   Les bourgeons blancs, les bourgeons roses, Sur les buissons, les espaliers, Vont se changer en fleurs écloses ; Et les oiseaux, dans les halliers, Entre eux déjà parlent de roses ;   Les bourgeons verts, les bourgeons gris, Reluisant de gomme et de sève   Recouvrent l’écorce qui crève Le long des... [Lire la suite]
16 janvier 2010

Divagation - Muze15

Je pensais que nous allions nous embrassés, mais nous ne nous sommes pas embrassés, nos langues ne se sont pas unies ni nos lèvres ne sont entrées en contact, nous nous sommes seulement frôlés dans l'obscurité, effleurés des joues et caressés du cou, comme des chevaux tremblants, effarouchés et émus.