27 octobre 2012

Ce soir, sur le chemin sonore du coteau - Charles Guérin

Ce soir, sur le chemin sonore du coteau   Ce soir, sur le chemin sonore du coteau, Nous menons en rêvant notre amour qui frissonne D'une obscure tiédeur sous le même manteau. Ô crépuscule amer de novembre ! L'automne Est soucieux comme un aïeul qu'on va quitter ; Son souffle large et fort sur la terre endormie Répand de solennels adieux. Las de monter, Bientôt nous suspendons nos pas, ô mon amie. La brise nous apporte avec le bruit furtif D'une bête qui fuit dans la forêt prochaine Le tintement voilé des cloches de la... [Lire la suite]
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22 octobre 2012

Le soir - Marceline Desbordes-Valmore

Le soir   Seule avec toi dans ce bocage sombre ? Qu'y ferions-nous ? à peine on peut s'y voir. Nous sommes bien ! Peux-tu désirer l'ombre ? Pour se perdre des yeux c'est bien assez du soir ! Auprès de toi j'adore la lumière, Et quand tes doux regards ne brillent plus sur moi, Dès que la nuit a voilé ta chaumière, Je me retrouve, en fermant ma paupière, Seule avec toi.   Sûr d'être aimé, quel vœu te trouble encore ? Si près du mien, que désire ton cœur ? Sans me parler ta tristesse m'implore : Ce qu'on voit... [Lire la suite]
04 octobre 2012

Le Jardinier et son Seigneur - Jean de La Fontaine [II]

Le Jardinier et son Seigneur   "Ce maudit animal vient prendre sa goulée Soir et matin, dit-il, et des pièges se rit ; Les pierres, les bâtons y perdent leur crédit : Il est Sorcier, je crois. -Sorcier ? je l'en défie, Repartit le Seigneur . Fût-il diable, Miraut, En dépit de ses tours, l'attrapera bientôt. Je vous en déferai, bon homme, sur ma vie. - Et quand ? - Et dès demain, sans tarder plus longtemps. " La partie ainsi faite, il vient avec ses gens.   […]   Jean de LA FONTAINE
15 septembre 2012

Le jardin et la maison - Anna de Noailles

Le jardin et la maison   Voici l'heure où le pré, les arbres et les fleurs Dans l'air dolent et doux soupirent leurs odeurs.   Les baies du lierre obscur où l'ombre se recueille Sentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles,   Le jet d'eau du jardin, qui monte et redescend, Fait dans le bassin clair son bruit rafraîchissant ;   La paisible maison respire au jour qui baisse Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses.   Le feuillage qui boit les vapeurs de l'étang Lassé des feux du... [Lire la suite]
17 juillet 2012

Matin d'été - Clod' Aria

Matin d'été   J'arrache  l'herbe Qu'on dit mauvaise Je ramasse les escargots Que j'envoie par avion Dans l'herbe haute. Je déplace un pied De Monnaie du Pape Je coupe les roses fanées Et la branche de giroflée Qui dépasse. J'en sème la graine Que le vent sèmerait mieux que moi. Je pense Que le soleil chauffe Comme il chauffait dans mon enfance. Je regarde le ciel : Il ne pleuvra pas aujourd'hui. Je tire l'eau du puits Pour arroser ce soir Avec de l'eau tiédie Comme faisait ma tante, Ma tante Qui... [Lire la suite]
04 juillet 2012

Hiéroglyphe - Charles Cros

Hiéroglyphe   J'ai trois fenêtres à ma chambre : L'amour, la mer, la mort, Sang vif, vert calme, violet.   Ô femme, doux et lourd trésor !   Froids vitraux, odeurs d'ambre. La mer, la mort, l'amour, Ne sentir que ce qui me plaît...   Femme, plus claire que le jour !   Par ce soir doré de septembre, La mort, l'amour, la mer, Me noyer dans l'oubli complet.   Femme ! femme ! cercueil de chair !   Charles CROS (1842-1888)

24 juin 2012

Les moines - Émile Nelligan

Les moines   Ils défilent au chant étoffé des sandales, Le chef bas, égrenant de massifs chapelets, Et le soir qui s'en vient, du sang de ses reflets Mordore la splendeur funéraire des dalles.   Ils s'effacent soudain, comme en de noirs dédales, Au fond des corridors pleins de pourpres relais Où de grands anges peints aux vitraux verdelets Interdisent l'entrée aux terrestres scandales.   Leur visage est funèbre, et dans leurs yeux sereins Comme les horizons vastes des cieux marins, Flambe l'austérité des... [Lire la suite]
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21 juin 2012

Près d'Avranches - Victor Hugo

Près d'Avranches   La nuit morne tombait sur la morne étendue.   Le vent du soir soufflait, et, d'une aile éperdue, Faisait fuir, à travers les écueils de granit, Quelques voiles au port, quelques oiseaux au nid.   Triste jusqu'à la mort, je contemplais le monde. Oh ! que la mer est vaste et que l'âme est profonde !   Saint-Michel surgissait, seul sur les flots amers, Chéops de l'occident, pyramide des mers.   Je songeais à l'Egypte aux plis infranchissables, A la grande isolée éternelle des... [Lire la suite]
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15 juin 2012

Plus loin que les gares, le soir - Émile Verhaeren

Plus loin que les gares, le soir   L'ombre s'installe, avec brutalité ; Mais les ciseaux de la lumière, Au long des quais, coupent l'obscurité, A coups menus, de réverbère en réverbère.   La gare immense et ses vitraux larges et droits Brillent, comme une châsse, en la nuit sourde, Tandis que des voiles de suie et d'ombre lourde Choient sur les murs trapus et les hautains beffrois.   Et le lent défilé des trains funèbres Commence, avec leurs bruits de gonds Et l'entrechoquement brutal de leurs wagons, ... [Lire la suite]
05 juin 2012

Les étoiles éteintes - Auguste Dorchain

Les étoiles éteintes   ... À l'heure où sur la mer le soir silencieux Efface les lointaines voiles, Où, lente, se déploie, en marche dans les cieux, L'armée immense des étoiles,   Ne songes-tu jamais que ce clair firmament, Comme la mer a ses désastres ? Que, vaisseaux envahis par l'ombre, à tout moment Naufragent et meurent des astres ? [...]   Auguste DORCHAIN (1857-1930)