18 avril 2012

Sur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée - Joachim du Bellay

Sur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée   Sur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée, Croisant les bras au ciel avec mille sanglots, Accordait cette plainte au murmure des flots, Outrageant son beau teint et sa tresse dorée :   Las, où est maintenant cette face honorée, Où est cette grandeur et cet antique los, Où tout l'heur et l'honneur du monde fut enclos, Quand des hommes j'étais et des dieux adorée ?   N'était-ce pas assez que le discord mutin M'eût fait de tout le monde un publique butin, Si cet... [Lire la suite]

17 avril 2012

Bacchante triste - Renée Vivien

Bacchante triste   Le jour ne perce plus de flèches arrogantes Les bois émerveillés de la beauté des nuits, Et c'est l'heure troublée où dansent les Bacchantes Parmi l'accablement des rythmes alanguis.   Leurs cheveux emmêlés pleurent le sang des vignes, Leurs pieds vifs sont légers comme l'aile des vents, Et la rose des chairs, la souplesse des lignes Ont peuplé la forêt de sourires mouvants.   La plus jeune a des chants qui rappellent le râle : Sa gorge d'amoureuse est lourde de sanglots. Elle n'est... [Lire la suite]
20 mars 2012

Le Génie des forêts - Joseph Lenoir [III]

Le Génie des forêts   Viens donc ! apporte la chaudière, Tu boiras le jus de mes os ! Viens donc !l assouvis ta colère, Tu ne m'entendras pas pousser de vains sanglots !   Ils frappent : les haches brisées A leurs pieds tombent en éclats ; Ils frappent : leurs mains épuisées Restent sans vigueur à leurs bras.   Lui, cependant, avec un rire horrible, Le cou tendu, les yeux sans mouvement, Sur le roc qui voyait cette lutte terrible, Il s'asseyait en murmurant:   […]   Joseph LENOIR
09 février 2012

Poésie - Cécile Sauvage [II]

Poésie   L'oiseau jette un cri de gloire Et l'homme ayant joint les doigts A l'air de dire une histoire D'autrefois. Ô plus haute que la vie, Froide et pâle Poésie, Lève-toi Et pleure et danse à la fois.   Allonge vers les bouleaux Tes bras si longs et si beaux, Insaisissable pensée, Et sur ta chair offensée Ramène le triste flot De tes tresses délacées.   Ô tristes et longs sanglots De l'oiseau. L'homme est mort d'avoir osé Un baiser. Il gît blême sur la mousse À jamais dormante et douce Pour... [Lire la suite]
11 janvier 2012

La pluie - Maurice Rollinat

La pluie   Lorsque la pluie, ainsi qu'un immense écheveau Brouillant à l'infini ses longs fils d'eau glacée, Tombe d'un ciel funèbre et noir comme un caveau Sur Paris, la Babel hurlante et convulsée,   J'abandonne mon gîte, et sur les ponts de fer, Sur le macadam, sur les pavés, sur l'asphalte, Laissant mouiller mon crâne où crépite un enfer, Je marche à pas fiévreux sans jamais faire halte.   La pluie infiltre en moi des rêves obsédants Qui me font patauger lentement dans les boues, Et je m'en vais,... [Lire la suite]
28 novembre 2011

Stances amoureuses de la Reine de Navarre sur ses amours avec Champvallon - Marguerite de Valois [II]

Stances amoureuses de la Reine de Navarre sur ses amours avec Champvallon (extraits)   […] Le faix de mes travaux élève ma constance, Le coup de mes malheurs endurcit ma souffrance, Le vent de ma fortune attise mes désirs. Toi, pour qui je pâtis, sujet de mon attente, Âme de mon amour, sois constante et contente Et, joyeuse, jouis de mes tristes plaisirs.   Nos deux corps sont en toi, je ne sers plus que d’ombre ; Nos amis sont à toi, je ne sers que de nombre. Las ! puisque tu es tout et que je ne suis... [Lire la suite]

21 novembre 2011

Chanson d'automne - Paul Verlaine

Chanson d'automne   Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon cœur D'une langueur Monotone.   Tout suffocant Et blême, quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure   Et je m'en vais Au vent mauvais Qui m'emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte.   Paul VERLAINE [Poèmes saturniens]
08 septembre 2011

La Prairie d'herbe bleue - Marcel Béalu

La prairie d'herbe bleue   Nous serons tous les deux et il n'y aura plus de départs Nos pensers confondus ressembleront à la pleine lune Au dessus d'une grande ville apaisée par la nuit Alors je me souviendrai des rues des faubourgs Le square cerné de maisons grises Où les oiseaux tombaient des arbres comme des boules de suie Les minuscules boutiques de caramels à deux sous Et les odeurs du samedi soir sur la place du marché Une plainte rouillée traversant le brouillard Me rappellera encore ces deux vieux époux ... [Lire la suite]
17 mai 2011

Grand bal du printemps - Jacques Prévert

Grand bal du printemps (1)   Dans les eaux brèves de l'aurore où les nouvelles lunes et les derniers soleils   A tour de rôle viennent se baigner   Une minute de printemps dure souvent plus longtemps qu'une heure de décembre une semaine d'octobre une année de juillet un mois de février   Nomades de toujours et d'après et d'avant le souvenir du cœur et la mémoire du sang voyagent sans papiers et sans calendriers complètement étrangers à la Nation du Temps.   Chaque année chaque nouvelle... [Lire la suite]
17 février 2011

Sonnet XIV - Louise Labé

@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Comic Sans MS"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; } XIV Tant que mes yeux pourront répandre des larmes, en regrettant notre bonheur passé : et que ma voix pourra résister aux larmes et aux sanglots, et un peu se faire entendre : Tant que ma main ... [Lire la suite]
Posté par muze15 à 08:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , , , , , ,