20 juin 2012

Le petit lièvre - Maurice Rollinat

Le petit lièvre   Brusque, avec un frisson De frayeur et de fièvre, On voit le petit lièvre S'échapper du buisson. Ni mouche ni pinson ; Ni pâtre avec sa chèvre, La chanson Sur la lèvre.   Tremblant au moindre accroc, La barbe hérissée Et l'oreille dressée, Le timide levraut Part et se risque au trot, Car l'aube nuancée N'est pas trop Avancée.   N'entend-il pas quelqu'un ? Non ! ce n'est que la brise Qui caresse et qui grise Son petit corps à jeun. Et dans le taillis brun Le fou s'aromatise Au... [Lire la suite]

19 janvier 2012

L'interprète - Maurice Rollinat

L'interprète   L'inclinaison de ce vieux saule Sur le vieil étang soucieux Que pas une brise ne frôle, A quelque chose de pieux.   Et l'on dirait que chaque feuille, Ayant cessé son trémolo, Pompe le mystère de l'eau Et dévotement se recueille.   Or, soudain, y perchant son vol, Voici qu'un petit rossignol, Tendre interprète d'aventure,   Pour l'arbre adresse à l'Inconnu, Dans un lamento soutenu, La prière de la Nature !   Maurice ROLLINAT (1846-1903)
16 janvier 2012

La ronce et le serpent - Maurice Rollinat

La ronce et le serpent   Foisonnantes, couvant des venins séculaires Dans ce marécageux semis d'herbe et de rocs, Les ronces, par fouillis épais comme des blocs, Embusquaient sourdement leurs dards triangulaires.   Ah certe ! Elles guettaient si bien l'occasion Du Mal, si scélérate épiait leur adresse, Que l'accrochant éclair de leurs griffes traîtresses Fut plus subtil encor que ma précaution.   J'enrageais ! Quand mon pied heurte un serpent... la bête Aurait pu se venger ? elle écarta la tête, Et... [Lire la suite]
11 janvier 2012

La pluie - Maurice Rollinat

La pluie   Lorsque la pluie, ainsi qu'un immense écheveau Brouillant à l'infini ses longs fils d'eau glacée, Tombe d'un ciel funèbre et noir comme un caveau Sur Paris, la Babel hurlante et convulsée,   J'abandonne mon gîte, et sur les ponts de fer, Sur le macadam, sur les pavés, sur l'asphalte, Laissant mouiller mon crâne où crépite un enfer, Je marche à pas fiévreux sans jamais faire halte.   La pluie infiltre en moi des rêves obsédants Qui me font patauger lentement dans les boues, Et je m'en vais,... [Lire la suite]
19 septembre 2011

Le Monstre - Maurice Rollinat

Le Monstre   En face d’un miroir est une femme étrange Qui tire une perruque où l’or brille à foison, Et son crâne apparaît jaune comme une orange Et tout gras des parfums de sa fausse toison.   Sous des lampes jetant une clarté sévère Elle sort de sa bouche un râtelier ducal, Et de l’orbite gauche arrache un œil de verre Qu’elle met avec soin dans un petit bocal.   Elle ôte un nez de cire et deux gros seins d’ouate Qu’elle jette en grinçant dans une riche boîte, Et murmure : « Ce soir, je l’appelais mon... [Lire la suite]
12 septembre 2011

Ouate - Maurice Rollinat

Ouate   Il tête avec avidité Et se cogne au sein qu'il enlace. Puis lorsque sa nourrice est lasse, Il dort sur son ventre ouaté.   Pour le minet doux et futé C'est un lit que rien ne remplace. Il tète avec avidité Et se cogne au sein qu'il enlace   Quand il s'est bien lissé, gratté, Pris la queue et vu dans la glace, Après ses tournements sur place, Et ses petits sauts de côté, Il tète avec avidité.   Maurice ROLLINAT[Dans les brandes, Le Minet, 1877]
03 novembre 2010

Forêt brûlée - Maurice Rollinat

@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Comic Sans MS"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; } Forêt brûlée On voit ce grand fond de vallée Fuligineux sous les cieux ronds : Là, terrain, herbes, rameaux, troncs, Toute une forêt fut brûlée ! D'elle, si verte et si peuplée, Qui, si fière, ... [Lire la suite]
Posté par muze15 à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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