25 avril 2012

Comme à d'autres, l'heure et l'humeur - Émile Verhaeren

Comme à d'autres, l'heure et l'humeur   Comme à d'autres, l'heure et l'humeur : L'heure morose ou l'humeur malévole Nous ont, de leurs sceaux noirs, marqué le cœur, Mais, néanmoins, jamais, Même les soirs des jours mauvais Nos cœurs ne se sont dit les fatales paroles.   La sincérité claire, ardente, illuminée, Nous fut joie et conseil, Si bien que notre âme passionnée Toujours s'y retrempa, comme en un flux vermeil.   Et nous nous sommes dit nos plus pauvres misères, Les égrenant comme un âpre rosaire, ... [Lire la suite]

03 mars 2012

L'enfant - Victor Hugo

L'enfant Quand l'enfant nous regarde, on sent Dieu nous sonder ; Quand il pleure, j'entends le tonnerre gronder, Car penser c'est entendre, et le visionnaire Est souvent averti par un vague tonnerre. Quand ce petit être, humble et pliant les genoux, Attache doucement sa prunelle sur nous, Je ne sais pas pourquoi je tremble ; quand cette âme, Qui n'est pas homme encore et n'est pas encor femme, En qui rien ne s'admire et rien ne se repent, Sans sexe, sans passé derrière elle rampant, Verse, à travers les cils de sa rose... [Lire la suite]
17 février 2012

Le jugement de Komor - Charles-Marie Leconte de Lisle [V]

Le jugement de Komor   - Tiphaine, indigne enfant des braves chefs de Vanne, Opprobre de ta race et honte de Komor, Conjure le Sauveur, afin qu'il ne te damne ;   J'ai souffert très longtemps : je puis attendre encor. - Le Jarle recula dans l'angle du mur sombre, Et Tiphaine pria sous ses longs cheveux d'or.   Et sur le bloc l'épée étincelait dans l'ombre, Et la torche épandait sa sanglante clarté, Et la nuit déroulait toujours ses bruits sans nombre.   Tiphaine s'oublia dans un rêve enchanté... Elle... [Lire la suite]
15 mars 2011

Viens lentement t'asseoir - Émile Verhaeren

Viens lentement t'asseoir   Viens lentement t'asseoir Près du parterre dont le soir Ferme les fleurs de tranquille lumière, Laisse filtrer la grande nuit en toi : Nous sommes trop heureux pour que sa mer d'effroi Trouble notre prière.   Là-haut, le pur cristal des étoiles s'éclaire : Voici le firmament plus net et translucide Qu'un étang bleu ou qu'un vitrail d'abside ; Et puis voici le ciel qui regarde à travers.   Les mille voix de l'énorme mystère Parlent autour de toi, Les mille lois de la nature... [Lire la suite]
15 octobre 2008

Citation à penser

Il n'est de souvenir douloureux que des morts. Or ceux-ci se détruisent vite, et il ne reste plus autour de leurs tombes mêmes que la beauté de la nature, le silence, la pureté de l'air.Marcel PROUST[Le Temps retrouvé]
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