31 août 2012

Un dahlia - Paul Verlaine

Un dahlia   Courtisane au sein dur, à l'œil opaque et brun S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un bœuf, Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.   Fleur grasse et riche, autour de toi ne flotte aucun Arôme, et la beauté sereine de ton corps Déroule, mate, ses impeccables accords.   Tu ne sens même pas la chair, ce goût qu'au moins Exhalent celles-là qui vont fanant les foins, Et tu trônes, Idole insensible à l'encens.   - Ainsi le Dahlia, roi vêtu de splendeur, Elève sans orgueil sa tête sans... [Lire la suite]