07 octobre 2012

Le Jardinier et son Seigneur - Jean de La Fontaine [V]

Le Jardinier et son Seigneur   Chacun s'anime et se prépare : Les trompes et les cors font un tel tintamarre Que le bon homme est étonné. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le pauvre potager ; adieu planches, carreaux ; Adieu chicorée et porreaux ; Adieu de quoi mettre au potage. Le Lièvre était gîté dessous un maître chou. On le quête ; on le lance, il s'enfuit par un trou, Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie Que l'on fit à la pauvre haie Par ordre du Seigneur ; car il eût été mal Qu'on n'eût... [Lire la suite]

03 juillet 2012

Le déluge - Léon-Pamphile Le May

Le déluge   Et Dieu dit, regrettant l'excès de sa bonté - La terre que j'ai faite est livrée au désordre ; Elle ignore mon nom et méprise mon ordre ; Demain son dernier jour enfin sera compté.   Il verse des torrents ; et c'est sa volonté Que ces eaux de vengeance aillent couvrir ou mordre Des gorges et des bras que l'horreur fait se tordre... Mais l'amour ne meurt pas et l'homme est indompté.   Ton œuvre, Dieu puissant, tristement se délabre, Et la terre s'en va, masse mouvante et glabre, Comme aux jours... [Lire la suite]
29 juin 2012

Vénus Anadyomène - Arthur Rimbaud

Vénus Anadyomène   Comme d'un cercueil vert en fer blanc, une tête De femme à cheveux bruns fortement pommadés D'une vieille baignoire émerge, lente et bête, Avec des déficits assez mal ravaudés ;   Puis le col gras et gris, les larges omoplates Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ; Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ; La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;   L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût Horrible étrangement ; on remarque surtout Des... [Lire la suite]
20 mars 2012

Le Génie des forêts - Joseph Lenoir [III]

Le Génie des forêts   Viens donc ! apporte la chaudière, Tu boiras le jus de mes os ! Viens donc !l assouvis ta colère, Tu ne m'entendras pas pousser de vains sanglots !   Ils frappent : les haches brisées A leurs pieds tombent en éclats ; Ils frappent : leurs mains épuisées Restent sans vigueur à leurs bras.   Lui, cependant, avec un rire horrible, Le cou tendu, les yeux sans mouvement, Sur le roc qui voyait cette lutte terrible, Il s'asseyait en murmurant:   […]   Joseph LENOIR
23 février 2011

Sonnet XX - Louise Labé

@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Comic Sans MS"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: "Times New Roman"; }div.Section1 { page: Section1; } XX Il me fut prédit qu'il devait fermement m'aimer un jour, celui dont la figure me fut décrite : et sans autre peinture je le reconnus à la première rencontre : puis, le voyant aimer fatalement, ... [Lire la suite]
18 août 2009

Doulcin, quand quelquefois je vois ces pauvres filles

Doulcin, quand quelquefois je vois ces pauvres filles Doulcin, quand quelquefois je vois ces pauvres fillesQui ont le diable au corps, ou le semblent avoir,D'une horrible façon corps et tête mouvoir,Et faire ce qu'on dit de ces vieilles Sibylles :Quand je vois les plus forts se retrouver débiles,Voulant forcer en vain leur forcené pouvoir :Et quand même j'y vois perdre tout leur savoirCeux qui sont en votre art tenus des plus habiles :Quand effroyablement écrier je les oy,Et quand le blanc des yeux renverser je leur voy,Tout le... [Lire la suite]
Posté par muze15 à 08:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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