13 septembre 2012

Plus vite, mûrissez ! - Goethe

Plus vite, mûrissez !   Verdis, plus épais, Feuillage de la treille Au bord de ma fenêtre. Jaillissez, plus serrés, Grains jumeaux de la grappe, Plus pleine, plus vite mûrissez ! Le soleil vous couve Sous son regard d’adieu. Du ciel propice Le souffle vous charme. D’une magique haleine La lune vous baigne. Hélas ! aussi vous humectent, De ces yeux jaillissant, Éternelle source de vie, Les larmes de la vie, Les larmes de l’amour.   Johann Wolfgang von GOETHE [Chansons – 1776]

10 septembre 2012

La Résille - Tristan Klingsor

La Résille   Est-ce la pluie ? Ou seulement le vent Qui s'amuse à froisser le feuillage des arbres ? Je vais à la croisée et je regarde Le jardin immobile et l'oiseau tournoyant.   Hirondelle, pourquoi veux-tu partir si vite Et laisser ton nid vide ? Rien ne presse, Puisque la rose est toujours vive Et le jasmin de Virginie.   Reste un peu plus ici, reste, Et trace sans arrêt sur ce fond gris et vert De campagne et de ciel La résille magique où se perd Le poids de mon souci.   Reste jusqu'à la... [Lire la suite]
07 septembre 2012

La pomme - Pierre Gamarra

La pomme   Une pomme rubiconde Se pavanait, proclamant Qu’elle était le plus beau de tous les fruits du monde, Le plus tendre, le plus charmant, Le plus sucré, le plus suave, Ni la mangue, ni l’agave, Le melon délicieux, Ni l’ananas, ni l’orange, Aucun des fruits que l’on mange Sous l’un ou l’autre des cieux, Ni la rouge sapotille, La fraise, ni la myrtille N’avait sa chair exquise et sa vive couleur. On ne pourrait jamais lui trouver une sœur. La brise répandait alentour son arôme Et sa pourpre éclatait sur le... [Lire la suite]
29 août 2012

La sieste - José-Maria de Hérédia

La sieste   Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude, Tout dort sous les grands bois accablés de soleil Où le feuillage épais tamise un jour pareil Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude.,   Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil, De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.   Vers la gaze de feu que trament les rayons, Vole le frêle essaim des riches papillons Qu'enivrent la... [Lire la suite]
04 avril 2012

Mon ami, le paysage - Émile Verhaeren [III]

Mon ami, le paysage   Lorsqu'en Mai brillent les taillis, Tout mon être tremble et chatoie De l'immense frisson de joie Dont son feuillage a tressailli.   En Août quand les moissons proclament Les triomphes de la clarté, Je fais régner le bel été Avec son calme dans mon âme.   Et si Novembre avide et noir Arrache aux bois toute couronne, C'est aux flammes d'un peu d'automne Que je réchauffe mon espoir.   Ainsi le long des jours qui s'arment D'ample lumière ou de grand vent J'éprouve en mon... [Lire la suite]
25 novembre 2009

Pluie - Sully Prudhomme

<!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:"Times New Roman"; panose-1:0 2 2 6 3 5 4 5 2 3; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:"Trebuchet MS"; panose-1:0 2 11 6 3 2 2 2 2 2; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:50331648 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal... [Lire la suite]
08 octobre 2009

Chant d'amour (IV) - Alphonse de Lamartine

Chant d'amour - IV Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ?Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d'une chaste flamme :Baisse-les, ou je meurs.Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne,Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienneSur ces tapis de fleurs. Aux bords d'un lac d'azur il est une collineDont le front verdoyant légèrement s'inclinePour contempler les eaux ;Le regard du soleil tout le jour la caresse,Et l'haleine de l'onde y fait flotter sans cesseLes ombres des rameaux. Entourant de ses plis deux chênes... [Lire la suite]
Posté par muze15 à 08:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,
04 août 2009

Étude de pronoms - Jean Tardieu

Étude de pronoms O toi ô toi ô toi ô toitoi qui déjà toi qui pourtanttoi que surtout. Toi qui pendant toi qui jadis toi que toujourstoi maintenant. Moi toujours arbre et toi toujours prairiemoi souffle toi feuillagemoi parmi, toi selon! Et nous qui sans personnepar la clarté par le silenceavec rien pour nous seulstout, parfaitement tout! Jean TARDIEU(1951)[Monsieur Monsieur]