25 septembre 2013

La laide - Sully Prudhomme

La laide   Femmes, vous blasphémez l’amour, quand d’aventure Un seul rebelle insulte à votre royauté. Ah ! C’est un pire affront qu’en silence elle endure, La jeune fille à qui la marâtre nature A dénié sa gloire et son droit : la beauté !   L’amour ne luit jamais dans l’œil qui la regarde ; Elle pourrait quitter sa mère sans périls. La laide ! On ne la voit jamais que par mégarde ; Même contre un désir sa disgrâce la garde, Pourquoi les jeunes gens l’accompagneraient-ils ?   Les jeunes gens sont fats,... [Lire la suite]

28 novembre 2011

Stances amoureuses de la Reine de Navarre sur ses amours avec Champvallon - Marguerite de Valois [II]

Stances amoureuses de la Reine de Navarre sur ses amours avec Champvallon (extraits)   […] Le faix de mes travaux élève ma constance, Le coup de mes malheurs endurcit ma souffrance, Le vent de ma fortune attise mes désirs. Toi, pour qui je pâtis, sujet de mon attente, Âme de mon amour, sois constante et contente Et, joyeuse, jouis de mes tristes plaisirs.   Nos deux corps sont en toi, je ne sers plus que d’ombre ; Nos amis sont à toi, je ne sers que de nombre. Las ! puisque tu es tout et que je ne suis... [Lire la suite]
25 octobre 2010

Disgrâce - Pontus de Tyard

@font-face {   font-family: "Cambria"; }@font-face {   font-family: "Comic Sans MS"; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: Cambria; }div.Section1 { page: Section1; } Disgrâce La haute Idée à mon univers mère, Si hautement de nul jamais comprise, M'est à présent ténébreuse Chimère. Le tout, d'où fut toute ma forme prise, Plus de mon tout, de mon tout exemplaire, M'est simplement une vaine feintise. Ce qui soulait mon ... [Lire la suite]
13 septembre 2009

Stances - Vincent Voiture

Stances Je pensais que la destinée Après tant d’injustes rigueurs, Vous a justement couronnée De gloire, d’éclat et d’honneurs, Mais que vous étiez plus heureuse Lorsque vous étiez autrefois, Je ne veux pas dire amoureuse, La rime le veut toutefois. Je pensais que le pauvre amour Qui toujours vous prêta ses charmes Fut banni loin de votre cour, Lui, son arc, ses traits et ses armes, Et ce que je puis espérer En passant près de vous ma vie, Si vous pouvez si maltraiter Un qui vous a si bien servie. Je pensais, car nous autres... [Lire la suite]