Plus vite, mûrissez !

 

Verdis, plus épais,

Feuillage de la treille

Au bord de ma fenêtre.

Jaillissez, plus serrés,

Grains jumeaux de la grappe,

Plus pleine, plus vite mûrissez !

Le soleil vous couve

Sous son regard d’adieu.

Du ciel propice

Le souffle vous charme.

D’une magique haleine

La lune vous baigne.

Hélas ! aussi vous humectent,

De ces yeux jaillissant,

Éternelle source de vie,

Les larmes de la vie,

Les larmes de l’amour.

 

Johann Wolfgang von GOETHE
[Chansons – 1776]