Petites misères d'août

 

Oh ! quelle nuit d'étoiles, quelles saturnales !

Oh ! mais des galas inconnus

Dans les annales

Sidérales !

Bref, un Ciel absolument nu !

 

Ô Loi du Rythme sans appel !

Que le moindre Astre certifie

Par son humble chorégraphie

Mais nul spectateur éternel.

 

Ah ! la Terre humanitaire

N'en est pas moins terre-à-terre !

Au contraire.

 

La Terre, elle est ronde

Comme un pot-au-feu,

C'est un bien pauv' monde

Dans l'Infini bleu.

 

Cinq sens seulement, cinq ressorts pour nos Essors....

Ah ! ce n'est pas un sort !

Quand donc nos cœurs s'en iront-ils en huit-ressorts ! ....

 

Jules LAFORGUE

(1860-1887)