Mon ami, le paysage

 

Plus rien de vous n'est étranger

Au cœur ému de ma mémoire,

On ne sait quoi de péremptoire

Entre nous tous s'est échangé.

 

Aussi quand ma vie accomplie,

Ployant sous le poing noir du sort,

Ira se perdre dans la mort,

Doux ciel ami, je te supplie

 

D'être présent à mes regards

Avec ta plus ample lumière,

Afin que soit belle la terre

À mon départ.

 

Émile VERHAEREN

(1855-1916)