Mon ami, le paysage

 

Lorsqu'en Mai brillent les taillis,

Tout mon être tremble et chatoie

De l'immense frisson de joie

Dont son feuillage a tressailli.

 

En Août quand les moissons proclament

Les triomphes de la clarté,

Je fais régner le bel été

Avec son calme dans mon âme.

 

Et si Novembre avide et noir

Arrache aux bois toute couronne,

C'est aux flammes d'un peu d'automne

Que je réchauffe mon espoir.

 

Ainsi le long des jours qui s'arment

D'ample lumière ou de grand vent

J'éprouve en mon cerveau vivant

L'ardeur diverse de leurs charmes.

 

[…]

 

Émile VERHAEREN