Le jugement de Komor

 

Et voici qu'elle aima d'un amour immortel.

Saintes heures de foi, d'espérance céleste,

Elle vit dans son cœur se rouvrir votre ciel !

 

Puis un brusque nuage, une union funeste :

Le grave et vieil époux au lieu du jeune amant...

De l'aurore divine, hélas ! rien qui lui reste !

 

Le retour de celui qu'elle aimait ardemment,

Les combats, les remords, la passion plus forte,

La chute irréparable et son enivrement...

 

Jésus ! tout est fini maintenant ; mais qu'importe !

Le sang du fier jeune homme a coulé sous le fer,

Et Komor peut frapper : Tiphaine est déjà morte.

 

- Femme, te repens-tu ? C'est le ciel ou l'enfer.

De ton sang résigné laveras-tu ton crime ?

Je ne veux pas tuer ton âme avec ta chair.

 

[…]

 

Charles-Marie LECONTE DE LISLE