Plus de neiges aux prés...

 

Plus de neiges aux prés. La Nymphe nue et belle

Danse sur le gazon humide et parfumé ;

Mais la mort est prochaine ; et, nous touchant de l'aile,

L'heure emporte ce jour aimé.

 

Un vent frais amollit l'air aigu de l'espace ;

L'été brûle ; et voici, de ses beaux fruits chargé,

L'Automne au front pourpré ; puis l'Hiver, et tout passe

Pour renaitre, et rien n'est changé.

 

Tout se répare et chante et fleurit sur la terre ;

Mais quand tu dormiras de l'éternel sommeil,

Ô fier patricien, tes vertus en poussière

Ne te rendront pas le soleil !

 

Charles-Marie LECONTE DE LISLE

(1818-1894)

(Études latines, XI)