vii

VII


On voit mourir toute chose animée

lorsque du corps l'âme subtile part.

je suis le corps, toi la meilleure part :

où es-tu donc, ô âme bien-aimée ?


Ne me laissez pas dans le coma si longtemps,

J'arriverai trop tard pour me sauver.

Hélas ! ne mets pas ton corps en danger :

Rends-lui sa part et sa moitié aimée.


Mais fais en sorte, Ami, que cette rencontre

et cette retrouvaille amoureuse ne soit pas dangereuse,

en l'accompagnant, ni de sévérité


ni d'insensibilité, mais de grâce aimable,

qui me rende doucement ta beauté,

jadis cruelle, à présent favorable.


Louise LABÉ