Celle clarté mouvante sans ombrage


Celle clarté mouvante sans ombrage,

Qui m'éclaircit en mes ténébreux jours,

De sa lueur éblouit l'œil volage

À l'inconstant, pour ne voir mes séjours :

Car, me voyant, m'eût consommé toujours

Par les erreurs de son errante flèche.


Par quoi l'esprit, qui désir chaste cherche,

En lieu de mort a eu nouvelle vie,

Faillant aux yeux - dont le corps souffrant sèche -

De mes plaisirs la mémoire ravie.


Pernette du GUILLET

(1520-1545)

[Rymes LIV]