Quand je patine un couple de tétons,
Durs, arrondis, rebelles, élastiques,
Lorsque nanti de mille appas physiques,
Mon vit, en rut, décharge à gros bouillons,
Des dieux, des rois, je méprise la gloire.
Un joli con vaut mieux qu'un diadème !

Un con touffu, mutin, ingénieux,
A deviner cent tours voluptueux,
Des reins d’ivoire et des fesses de marbre,
Une Charrière à mobiles ressorts,
Qui, sans quartier, m’attaquent corps à corps,
S’unit à moi comme le lierre à l’arbre,
Qui, secondant mes amoureux efforts,
Aux coups de cul répond avec adresse,
Serre mon vit, forge les voluptés,
Et me prodigue une adorable ivresse,

Voilà mes lois et mes divinités.
Avec le sceptre, et l’encens, et l’hommage
Jamais paillard, jamais fouteur ni sage
N’ira troquer les plaisirs enchanteurs.
Laisser les cons à l’appât des honneurs,
Quand, dans mes bras lascivement serrée,
Je tiens Dubois*, demi-morte, égarée.

Ne renaissant que pour doubler l’assaut,
Mon cœur content croit tenir Cyrthérée.
Je suis de braise, et mon vit au plus haut ,
Fier de fourbir de si superbes charmes,
De Jupiter ne voudrait pas le sort,
À Frédéric** ne rendrait pas les armes,
Soutient son rang et me conduit au port.

En la formant, la divine nature
N’épargna rien : l’esprit et la beauté,

Telle est, en bref sa fidèle peinture.

Au globe entier, humaine créature

N’eut autant l’air de divinité.


Gabriel SEINAC de MEILHAN

(1736 - 1803)