« Découvre la maison de ton cœur », conseillaient-ils sans relâche, eux qui connaissaient si bien la leur. J’aime les imaginer dans leurs fromageries, lors de la traite des bêtes auxquelles ils sont tant attachés, en chantant avec les Saints-Jurauds, surnommés les loups, car tellement fidèles, dans le scriptorium, dictant leur courrier à leur assistant, le moine Volmar, filant du lin, composant de la musique ou lisant dans leur humble château ouvert à tous.
En fermant les yeux, je peux même entendre le bruissement de leur déplacement d’une activité à l’autre, et percevoir le magnétisme, l’énergie de ce couple extraordinaire qui ne tint jamais le miracle de la création pour un phénomène ésotérique, réservé à quelques initiés, mais pour une source de joie, bien visible et offerte à tous.
À la fromagerie de St-Just-en-Chevalet, les croûtes vieillissaient paisiblement, les parfums s'exhalaient suavement, les créations laitières se succédaient frénétiquement...
Mais un jour, en 1344, le Chevalier Saint-Juste détenteur de la bonne vie du  village, entendit parler des légendaires « authentiques ». Ces fameux petits fromages qui ont fait la réputation de Clos Caillé près de Vichy.
Notre Chevalier qui se vantait d’être le meilleur maître fromager de la région fut saisi d’un éblouissement gustatif à la première bouchée de ce lingot vichyssois. Eldiard déclara qu’elle n’avait jamais mangé quelque chose de meilleur.
Le bruit courut que le secret de fabrication était gardé comme un trésor.
Piqué par la curiosité, le chevalier décida de partir en croisade afin de découvrir les mystères des ces « Authentiques »...
Muze15
[Suite mercredi 17 décembre]