Avec sa simplicité antique, sa physionomie vénérable, sa candeur, sa modeste timidité, il jouit de cette heureuse disposition des esprits. Avouons que notre Chevalier, s'applique à concilier les opinions, à rapprocher les hommes en invitant au Château de Fourme tous les villageois. Il y donne de grands banquets où il fait déguster des produits de sa fabrication : du fromage. Ce berger passionné est devenu au fil des ans un maître fromager.
Tout petit déjà, il tomba amoureux d'une jeune fille amoureuse de la nature, dont la beauté était célèbre à cent lieues à la ronde. Très vite, il comprit que sa famille s'opposerait à cette union. Les jours passèrent, mais il ne l'oublia jamais ! Qui sait peut-être que la vie les réunira à nouveau ?
Son désir le plus ardent fut exaucé en 1328. Il épousa enfin l’amour de sa vie : la célèbre Eldiard, veuve du sanguinaire Artaud de Saint-Haon. Elle était réputée pour fabriquer des douceurs laitières que tout le comté s'arrachait.
Eldiard avait deux fils, des jumeaux qui ne se quittaient jamais : Marcel-Ambert et Romain-Brison. Tous deux autant passionnés par la nature, le rapport aux bêtes, le travail pastoral et les réalisations fromagères, se virent confier par leur mère la fromagerie des Monts d’Urfé.
Leur complicité avec le Chevalier Saint-Juste était sans faille. Ils le tenaient en haute estime et surtout étaient persuadés de ses dons uniques dans la fabrication de délices laitiers certainement habité par une grâce divine...
Muze15
[Suite mercredi 3 décembre]