Que la ville au soleil s'éveille ou se rendorme

Que la ville au soleil s'éveille ou se rendorme
on entend sur les seuils les ombres des défunts
timides murmurer que la beauté des mortes
comme la dentelle est dans la graine du lin

Nous ne saurons jamais de quels cris étouffés
nous naissons à la mort dans nos rêves de lymphes
ni de quels souvenirs nos lendemains sont faits
et de quels crimes nos mains nues gardent l'empreinte

Apprendrons-nous jamais quel souffle nous emporte
ou quel trouble désir de futures étreintes
mène nos jours éteints vers des nuits où les mortes
infidèles sans fin vivent leurs amours feintes

(lisant Joubert)

Jean-Claude PIROTTE
2004
[Extrait de La Boîte à musique, La Table Ronde]