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Claude SAUTET
Les Choses de la vie
1970 / Couleur / 1h30 / DVD
avec Michel Piccoli, Romy Schneider, Lea Massari 
Un banal accident de voiture. Pierre (Michel Piccoli), un architecte de quarante ans, en est la victime. Tandis qu'il gît dans l'herbe, des bribes de sa vie lui reviennent. Séparé de sa femme Catherine (Léa Massari), il vivait avec Hélène (Romy Schneider). Il lui avait écrit une lettre de rupture et s'apprêtait à rejoindre son fils en vacances à l'île de Ré. Il s'imagine sur le voilier auprès des siens. Mais déjà, il s'enfonce dans la mer et dans la mort.
Une impression d'absurdité nous étreint à la vision de ce film. La mort est là, dérisoire, inattendue et brutale. Pourtant le film n'est pas désespéré, donnant de l'importance à ces multiples petites "choses de la vie", ces joies et ces peines qui constituent peut-être le bonheur. Un beau film, à la réalisation soignée, aux dialogues justes, à l'interprétation remarquable. Claude Sautet quitte très vite, après deux films [Classe tous risques (1959) ; L'Arme à gauche (1964)], le cinema d'action pour rénover à sa façon "la qualité française" et se faire le chroniqueur attentif de la bourgeoisie. Son coup de maître est d'adapter ici un roman de Paul Guimard aidé par le scénariste Jean-Loup Dabadie où une dramatisation somme toute assez classique (malgré le fractionnement de la mémoire) s'organise à partir d'une réalité ultra-courante mais jamais traitée de front au cinéma : l'accident automobile. Dans ses œuvres ultérieures, César et Rosalie, Vincent, François, Paul et les autres, Mado, les personnages augmenteront en nombre, apportant chacun à l'intrigue un problème supplémentaire à évoquer, illustrant une situation conflictuelle représentative des difficultés que les hommes et les femmes ont à affronter. Ces films composent peu à peu une mosaïque sociologique du monde contemporain où le "je" du réalisateur apparaît le moins possible. Il n'y a que dans Max et les ferrailleurs où Sautet ait consenti à être plus personnel. Puis viennent Un Mauvais fils, Un Cœur en hiver, et l'incontournable Nelly et Mr Arnaud où sa vision d'un cinéma sociologique fuyant tout lyrisme autant que toute satire ou dérision, touche sa plénitude d'expression.