Un pianiste : Baptiste Trotignon

Baptiste TROTIGNON, virtuose du clavier aussi à l’aise dans la rêverie que dans la folie… Couronné un peu partout, le jeune Français crée un espace musical bien à lui, entre musique classique russe, allemande et jazz. Né en région parisienne en 1974, Baptiste TROTIGNON a connu trois autres régions de France avant de devenir musicien de jazz à Paris et de faire ses premières tournées à l’étranger, aux USA notamment en 2001.
« J'ai débuté au piano vers 5/6 ans, Papa était pianiste à ses heures, il jouait du Bach et du Brahms le soir à la maison, près de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire). Ce n'est que vers 7 ou 8 ans que j'ai pris des cours en arrivant dans la Drôme, à Roman-sur-Isère, avec une pianiste un peu âgée qui a su m'apprendre des rudiments sans me dégoûter de l'instrument, ce qui arrive trop souvent, et aussi qui m'a laissé lire et jouer des partitions que je n'aurais jamais dû déchiffrer à ce stade ! J'avais des facilités de lecture et ça m'a donné des ouvertures sur Chopin, Ravel, Moussorgski, des choses trop riches mais qui m'ont poussé à aller plus loin » ! Quelques années plus tard, il obtient des prix de piano et d'écriture au Conservatoire de Nantes. Il est également accompagnateur à l'Opéra, approche l'improvisation et le jazz en autodidacte.
«  J'ai commencé à considérer la musique sérieusement vers l'âge de 13 ou 14 ans, mais longtemps j'ai hésité entre le classique et le jazz ». En 1987, à Nantes, d'autres rencontres avec Jacques Delannoy (Conservatoire National de Région), puis avec Claudine Mellon (Ecole Nationale de Musique de Gennevilliers en région parisienne) remettent « un peu d'ordre » dans le jeu encore classique du jeune artiste : « C'est à Nantes que j'ai ouvert le grand livre du jazz, avec des concerts donnés les week-ends avec des copains d’alors, Geoffroy Tamisier, Alban Darche, aujourd'hui plus connus dans l’hexagone du jazz, c’est en fin de 1ere que j'ai décidé de devenir musicien à temps plein ». Baptiste TROTIGNON donne ses premiers concerts à l'âge de 16 ans. C'est le temps de l'imprégnation, il écoute tout ce qui lui tombe sous le laser, de Bud Powell à Horace Silver, Chick Corea, qu'il a croisé depuis au Festival de jazz de Marciac l'été dernier, sur les mêmes scènes ! En 1994, il est à la fois pianiste et comédien dans le film d'Alain Corneau « Le Nouveau Monde ». 1996 sera l'année de sa « montée » à Paris, pour devenir plus autonome et surtout pour baigner davantage dans le milieu du jazz parisien, « pour entendre jouer en vrai, rencontrer pour de bon ceux qui me semblaient les meilleurs, le trompettiste breton Eric Le Lann, pour qui j’ai ensuite enseigné un peu à Rennes, dans son école, le jazzman François Théberge, avec qui j'ai pris des cours, le regretté contrebassiste Jean-François Jenny-Clark avec qui j'ai eu la chance de jouer ! La 2e année s'est passée à sortir dans les clubs parisiens, les Lombards, le Petit Opportun, rencontrer d'autres jeunes musiciens comme le contrebassiste Clovis Nicolas, le batteur Tony Rabeson, le pianiste Jean-Michel Pilc aussi » ! Il fait son entrée au Conservatoire National Supérieur dans la classe de Jazz : « J'espérais apprendre des choses nouvelles (…) et au bout d'un an j'ai commencé à trouver plus excitant d'aller me confronter à des professionnels, sur leur lieu de travail qu'à des apprentis comme je l'étais encore un peu ». On l'entend rapidement dans la plupart des clubs parisiens, ainsi que lors de festivals en province, et à l'étranger (Jazz in Marciac, La Villette Jazz Festival, Knitting Factory à New York…). Depuis son arrivée à Paris, Baptiste TROTIGNON multiplie les participations remarquées ; en 1996 lauréat du second prix de soliste au Concours National de Jazz de la Défense, cité dans Jazzman dans "Nouveaux talents", il participe au collectif "Nuits Blanches" du Petit Opportun pendant deux ans. Ses diverses rencontres favorisent l'éclectisme aux cotés de : Christian Escoudé, David Murray, Bertrand Renaudin, Peter King, Eric Le Lann Trio (avec Riccardo Del Fra) Claudia Solal, Albert Mangelsdorff, George Brown, Umberto Pagnini et beaucoup d'autres … Il développe ses activités de leader en trio en compagnie de Clovis Nicolas (contrebasse), et Tony Rabeson (batterie). Baptiste TROTIGNON est à peine âgé de 26 ans au moment où il sort son premier disque en leader. « Fluide » sorti en juin 2000 le révèle comme l'un des plus spectaculaires, complets et séduisants pianistes de la nouvelle génération. « S'affirmer leader et faire un premier disque personnel est un pas suffisamment important (...) je crois à la qualité plus qu'à l'innovation - j'ai voulu me réaliser et proposer ma vision des choses sans m'occuper des références ». Baptiste TROTIGNON participe toujours également à d'autres projets, tels que le quartet Moutin Réunion, avec François et Louis Moutin, Sylvain Beuf (dont une récente Victoire de la Musique), les formations de Jérôme Barde Quartet, Pierrick Pedron Quartet, le Jazz Unit de Gildas Scouarnec avec Archie Shepp… Django d'Or lorsque sort son premier CD « Fluide », Prix de l'Académie du Jazz Django Reinhardt, boulimique de boeufs, de jams-sessions, de rencontres musicales en premiers engagements avec le Quartet Moutin - « une histoire qui dure » - le jeune TROTIGNON a aimé le Prix Solal comme un challenge : « À la fin il y a une finale, un match, le jury est là, c'est étrange ! Ce n'est pas être meilleur que les autres, mais donner le meilleur de soi-même, en sortant le meilleur plat, comme en cuisine ! J'aime bien la cuisine pour ça, au sein d'un groupe, c'est la façon dont la sauce prend qui va faire la différence, il faut que l'énergie circule entre les musiciens, qu'ils soient sincères, et le reste suit » ! Pianiste précoce et talentueux - « Le plus brillant de la jeune génération » écrit Martial Solal, alors qu'il a à peine vingt-cinq ans - . Baptiste TROTIGNON est un sideman réputé au sein du jazz français. Pour cet album, qui conjugue reprises et compositions personnelles, il a réuni son groupe habituel : Clovis Nicolas, un des plus subtils accompagnateurs du moment, et Tony Rabeson, connu pour son lyrisme vif et alerte. Ensemble ils nous parlent du plaisir partagé à jouer avec le temps, lenteur tout en pensant vitesse, accélération, mouvement, aérien, en un mot : FLUIDE. « Ce que tu as appelé monde, il faut commencer par le créer. Ta raison, ton imagination, ta volonté, ton amour doivent devenir ce monde. La vie n'aura servi à rien à celui qui quitte le monde sans avoir réalisé son propre monde ». Cette pensée d'un obscur sage indien illustre à merveille le parcours nécessaire d'un artiste avant de parvenir à dessiner son identité, autant aux yeux des autres que pour lui-même (et ce quel que soit son art, son propos, son exigence). « La musique que vous pouvez entendre sur ce disque représente une esquisse des sons, intentions et émotions que j'ai cherchées à développer, autant pour les partager, pour les dire, que pour les sentir remuer en moi-même. Elle est à la fois la réalisation d'un travail, le résultat de rencontres, de choix, de joies et de doutes, et une image dessinant les contours de mon propre monde, passé, présent et à venir ». Cette musique sur cet enregistrement est surtout le fruit du plaisir partagé à trois, du plaisir du temps, à jouer de la lenteur tout en pensant vitesse, à mordre sans jamais faire mal, à casser sans jamais briser le mouvement, à rester fluide. « L'eau change de force selon son emplacement tout en conservant sa nature ».
Son deuxième CD en trio « Sightseeing » est sorti en 2001 avec le batteur Tony Rabeson et le contrebassiste Clovis Nicolas (« je joue en alternance avec Clovis et avec Rémi Vignolo, lorsqu'il part comme récemment à New-York, l'important pour nous est de conserver cette complicité et cette amitié dans la durée, ce qui constitue vraiment des points de repère »). Critiques dithyrambiques : « Les Français n’ont pas dit leur dernier mot ! Par la grâce d’un disque presque constamment inspiré, « Sightseeing », le trio du pianiste Baptiste TROTIGNON rejoint dans notre attente de musique originale et émouvante les deux autres super-trios de l’année : celui de Brad Mehldau et celui du suédois Estbjörn Svensson. Le toucher de TROTIGNON est d’une finesse et d’une netteté remarquables, son drive entraîne Nicolas et Rabeson à donner le meilleur d’eux-mêmes, ce qui, depuis Ahmad Jamal, Bill Evans et Keith Jarrett, a toujours été la marque des pianistes durables. » Télérama.
Baptiste TROTIGNON, 28 ans, 1er prix international de piano jazz Martial Solal, est plus qu’un jeune surdoué du clavier, c’est un musicien-poète. En 2003, il nous livre un album de piano solo, où il s'embarque pour de longues promenades sur les touches blanches et noires. Grâce à ce disque en « Solo ». (chez Naïve), il valse sans hésitation entre des styles musicaux qu’il connaît tous aussi bien : le classique, le jazz, le pop-rock mélodique. Son éblouissante technique, un toucher à la précision suave et percutante, sa musicalité offerte aux risques le placent au plus haut parmi les pianistes actuels. Avec Baptiste TROTIGNON, son éternelle chemise de scène orange et son air de gendre parfait, on ne s’attend pas forcément à ce qu’il va livrer : un set de grande classe, superbement construit comme une histoire, où alternent des climats de rêverie [The dream is gone], des folies très contrôlées [Even eights] , d’exaltation rythmique [One shot], d’émotion mélodique [La valse lente, At night]. Il « mouille sa chemise », littéralement et dans tous les sens : il donne au jazz son corps et son âme, comme l’a toujours exigée cette musique jalouse… Aperçu l'an passé au Parc Floral de Paris, en première partie de son glorieux aîné Herbie Hancock, TROTIGNON se devait d'être à la hauteur. Il le fut, et déjà, il séduisait le public par son jeu sobre, frais et délicat. C'est cela que l'on retrouve sur cet album : le plaisir simple de jouer, à l'état pur. Pas du genre virtuose incontrôlable prêt à partir à l'attaque de la face nord de l'Everest sans masque à oxygène, TROTIGNON a tout du musicien appliqué, mais pas besogneux. Il balise le terrain, et s'il décide de partir loin, c'est en prenant l'auditeur par la main pour l'amener à son rythme et pas en courant comme un dératé sans prévenir pour décourager quiconque de le suivre. Avec lui, la musique n'est pas une communion romantique, mais un partage sans chichi. À l'instar d'un Keith Jarret (comme son illustre aîné, il pousse parfois de petits cris de satisfaction), TROTIGNON sait nous faire voyager avec ses notes rapides, ses envolées lyriques et son plaisir de jouer, qu'il communique sans difficulté à l'auditeur. Baptiste TROTIGNON affiche une maturité remarquable et une attention au son de groupe qui ne s’obtient qu’au prix d’un travail sur la durée avec des comparses hautement compatibles. Clovis Nicolas et Tony Rabeson sont de ces musiciens qui savent exalter les qualités d’un leader et lui apporter les trésors de swing et de musicalité dont ils sont porteurs. On les sent merveilleusement à l’aise avec TROTIGNON qui, dans ce contexte, s’épanouît en tant que soliste et compositeur…..
TROTIGNON est en train de devenir un des pianistes majeurs d’une génération dont il était déjà, depuis quelques années, l’un des éléments les plus prometteurs. À suivre sans délai.
Muze15

La presse en parle…

« Baptiste TROTIGNON est ce qui est arrivé de mieux au jazz français depuis dix ans ». Claude CARRIERE / France Musiques
« Un des plus brillants pianistes de sa génération ». Martial SOLAL
« La révélation du jazz ». Serge BRESSAN / La chaîne Muzzik
« Une technique impressionnante qui fait parfois penser à Brad Meldhau : musicalité et feeling remarquables ; goût très sûr »
«TROTIGNON est impérialement lui-même, à l'aise dans une tradition qui va de Bud Powell à Bill Evans…» Thierry QUENUM / Jazz Magazine
« Un style s’installe ». Yvon AMAR / Jazzman
« Ce n’est pas un trio de plus : c’est la première étape d’une route pleine de promesses ; des promesses déjà tenues, avec quelle maestria  ». Xavier PREVOST / Claviers
« Rien que le pur bonheur de suivre cette trace (Bill Evans), la plus profonde, vers les sommets du swing et de l’intelligence harmonique ». Gérald ARNAUD / Epok
« Pas de doute , cet album annonce l’éclosion d’un pianiste d’avenir au style déjà bien trempé. A suivre donc de très près ». Pascal ANQUETIL / Virgin mégapresse
« Voici l’exemple de ce que le jazz produit de meilleur, sans fracas et comme si de rien n’était ». Michel ARCENS / Le midi libre