Dix doigts de génie, Samson François

Né en 1924 à Francfort, de parents français, Sanson François tâte du piano à 2 ans, compose dans la foulée ses premiers morceaux et se fait remarquer par le compositeur Pietro Mascagni à l’âge de 6 ans. Avec pour parrains Alfred Cortot et Marguerite Long – qui sera son professeur au Conservatoire de Paris et lui apprendra à « jouer propre » -, le jeune pianiste fait des débuts fracassants sur les scènes internationales. Surnommé Scarbo, en référence à Ravel, il livre des interprétations flamboyantes de Chopin, Debussy, Fauré ou Schumann. Romantique torturé, l’homme reste « doué d’émerveillement », selon son amie Françoise Fabian. « Je ne travaille jamais le piano, assure Samson François. Est-ce que l’on travaille avec un ami ? […] On s’associe, on collabore… » Le pianiste s’enflamme aussi pour le jazz, improvisant sur des thèmes de swing pour s’échauffer les doigts. Et compose entre autres un Concerto pour piano et orchestre et trois Magies noires pour piano, ainsi que des morceaux pour le cinéma. Il offre même une chanson « Perle de mai », à Yvette Horner. Le charisme de ce musicien éclectique laisse le volubile Raymond Devos sans voix. « En sa présence, je ne me permettais pas de dire quelque chose, cela aurait brisé l’enchantement ». Épicurien convaincu, hostile à l’idée de faire de vieux os, Samson François fut terrassé par une crise cardiaque à l’âge de 46 ans.
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