Le « ShowPolnareff »

    Coucou le revoilou… L’homme aux lunettes blanches est enfin revenu après trente-quatre ans d’attente et son dernier tour de chant « Polnarêve » à l’Olympia en 1973. Ayant presque l’âge de la durée de son absence, je me suis rendue fébrilement excitée au POPB le samedi 3 mars, deuxième soir de sa série de concerts parisiens. Et la magie d’un spectacle hors normes, presque historique permet au fils maudit de la pop hexagonale d’opérer un retour fracassant. Dès que son ombre se dessine plus grande que nature derrière le rideau blanc, on sent qu’on va vivre un moment rare. Cette silhouette dans un halo, c’est bien Michel Polnareff. Après un début presque raide autant dans la voix que dans l’attitude, une solennité frémissante du show s’installe dans une salle bouleversée. Les instants de communion sont autant favorisés par des images ésotériques défilant sur les écrans géants, deux verres de lunettes immaculées, que par les touches de son piano d’où s’échappent des mélodies imparables. Son exil et son absence ont amplifié l’écho de son génie mélodique. Son silence a rendu les mots qu’il chante, les siens et ceux des autres plus sonnants, plus urgents. Un enchaînement époustouflant au piano avec L’Homme qui pleurait des larmes de verre, Qui a tué grand’maman ?, Lettre à France et surtout Le Bal des Laze, un des monuments de sa discographie. Pétrifiée par ces moments d’émotions paroxystiques où bonheur et plaisir s’accompagnent de larmes, je me surprends à rêver d’un concert intime où assurément On ira tous au Paradis.
Muze15