La biochimie du coup de foudre : une pointe d'amour

Le coup de foudre est un don du ciel. L'ignorer, c'est être condamné à l'amour par consentement mutuel. D'une certaine façon, il ne faudrait jamais demander que les événements arrivent comme on veut mais se contenter de les vouloir comme ils arrivent. L'idéal consisterait donc à tenter de maîtriser les deux cent cinquante substances chimiques qui interviennent dans le processus du coup de foudre afin de contrôler le monde des sécrétions hormonales, odeurs et désirs mêlés. On l'a compris, le coup de foudre a du nez. Quand on le flaire, c'est toujours trop tard. En même temps, il serait stupide d'y résister. Ce coup du sort est un coup de tonnerre. Sa fulgurance ne nous demande pas notre avis. Nous voilà prêt pour le supplice. Le cœur bat très vite, le sang monte aux tempes. Nous ne sommes plus rien. Au milieu de cette éternité si précaire, l'homme veut des images, et la femme des sensations. Ils ne se parlent même pas. Le coup de foudre assaisonne l'ordinaire. C'est le poivre de l'amour. On en garde longtemps le goût dans la bouche et on en oublie vite les excès, ce qui favorise les souvenirs. Le coup de foudre est fugitif. On croit le tenir quand il s'en va déjà. Le souvenir du bonheur devient alors plus précieux que le bonheur lui-même, parce que le présent est souvent insaisissable et que nous ne vivons vraiment que dans le passé. Quelle horreur ! Il faut s'y résoudre, nous sommes d'une insoutenable incertitude, on ment ou l'on choisit. Le désenchantement devient inévitable. Un inévitable qui est le garant du coup de foudre, pour le pire et le meilleur. Tout cela nous rappelle l'éblouissement d'une brève rencontre. On s'en souvient la larme à l'œil. Il était question d'un regard émeraude et d'une bouche rubis, d'un sourire à la couleur de perle. On aurait pu être des joailliers de l'émotion. En définitive, on aime vraiment quand on aime sans raison. Le hasard aime les coups de foudre. Ces beaux orages se terminant par une mauvaise averse...
Muze15